Le cyclone de 1928: Chronique d’un destructeur

Le 12 septembre 1928 les autorités de la Guadeloupe reçoivent un cable de Porto Rico les prevenant de l’arrivée  d’un cyclone devastateur dans les heures qui suivent. Avec les moyens de communication de l’époque le gouveneur tentent de prévenir un maximum de personnes sur l’île dans le peu de temps qui lui est imparti. Au cours de cette journée passe sur la Guadeloupe ce terrible phénomène, les météorologues d’aujourd’hui le classe en ouragan majeur de catégorie 3 sur la base des temoignages et des destructions.

Le lendemain matin l’île se reveille et observe les ravages provoqués par ce phénomène. Pointe-à-Pitre,comme de nombreuses autres villes et bourgs, de la Guadeloupe est ravagée. Le centre du Lamentin n’existe plus, tout comme le bourg de Morne-à-l’Eau. La quasi totalité des structures publiques ont disparues et que dire de l’habitat populaire encore largement composé de case en bois et tôle dont il ne reste plus grand chose…

Tout est a reconstruire surtout que la Guadeloupe a déjà validé l’organisation des fêtes du tricentennaire de ratachement de l’île à la France qui doivent accueilllir une délégation gouvernementale pour 1935 et par la même occasion prouver l’entrée dans la modernité de la colonie.

Le cyclone de 1928: Les raisons du ravage

Les raisons de telles destructions sont avant tout à imputer à la puissance du phénomène. En 1928 la puissance des cyclones n’est pas repertoriée comme aujourd’hui selon l’échelle de Saffir-Simpson, nous ne pouvons donc tenter d’évaluer sa puissance qu’à partir des témoignages écrits et des quelques photos prises après le passage du phénomène. Les météorologues d’aujourd’hui classe cet évènement climatique dans la catégorie des ouragans majeurs de classe 3.

Mais la puissance d’un phénomène n’est pas le seul paramètre à regarder pour comprendre l’impact d’u cyclone sur un territoire. Il est clair que d’autre facteur explique la vulnérabilité de la Guadeloupe en 1928.

Tout d’abord il faut comprendre que le système de prévision du début du XXème siècle est quasi inexistant. De plus les moyens de communication limités ne permettent pas la diffusion rapide des alertes empêchant ainsi à la population, surtout rurale, de préparer au mieux la protection de leurs biens et de leurs personnes.

Il faut ajouter à cela que les règles d’urbanisme sont quasment inexistantes en ce début de XXème siècle. Pour Pointe-à-Pitre cette donnée est fondamentale pour comprendre les ravages que la ville a subie. Depuis l’abolition de l’esclavage cette ville attire beaucoup d’habitants, en tout cas bien plus que la municipalité arrive a en organiser l’installation.  Beaucoup d’habitants font donc le choix de placer leurs maisons sur des zones innondables ou fragiles. Les conséquences en seront catastrophiques.

De plus les constructions sont encore largement constituées de bois et beaucoup de maisons de l’habitat populaire reposent sans fondation sur des petites pierres plates. Les faiblesses architecturales en Guadeloupe sont evidemment les causes principales du ravage de ce cyclone.

Le cyclone de 1928: Un catalyseur de la modernité

Malgré les destructions ce phénomène peut être considéré comme un veritable accélarateur de la modernité en Guadeloupe.

En effet la Guadeloupe doit se reconstruire rapidement pour accueillir les festivités liées au tricentennaire de ratachement de la colonie à la France. Pour assurer cette reconstruction la Guadeloupe fait appel à un architecte du mouvement Art déco: Ali Tur. Sa mission reconstruire plus d’une centaine de batîments publics avant 1935. Il entame une véritable révolution architectural pour la Guadeloupe et introduit la construction en béton armé dans l’île. On lui doit aujourd’hui ne nombreuses constructions dans quasiment toutes les communes.

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