Le 8 février 1843, la Guadeloupe et plus particulièrement la Pointe-à-Pitre connaissent le plus grand séisme que la colonie ait subi au cours des XIXème et XXème siècles..

La ville est ravagée : le 25 février, soit 17 jours après la catastrophe, alors qu’Eugène Testut, administrateur de la ville, rédige un rapport pour la métropole, la ville est encore en lutte contre l’incendie qui a suivi le tremblement de terre.

Le bilan humain est effrayant : 1 200 morts pour une ville qui compte alors environ 9 000 habitants. Il faut ajouter à cela les décès dans la population flottante de la ville que les autorités estiment, sans pouvoir en être totalement sûr, à environ 400 personnes. La population reste pour longtemps traumatisée par cette hécatombe. En effet dans le recensement de 1847, lorsqu’un libre ou un esclave est blessé des suites de la catastrophe, les déclarants précisent seulement « des suites du 8 février » sans autre précision, comme si cette appellation, seule, allait de soi pour l’ensemble des habitants.

Le bilan matériel est lui aussi très lourd. En 1845 les rapports administratifs de la reconstruction de la ville annoncent que 600 maisons ont été reconstruites alors que plus d’un millier d’entre elles ont été ravagées par les secousses et l’incendie qui les a suivies. La quasi-totalité des bâtiments publics sont détruits. Les ravages sont tels qu’il est alors envisagé de faire tomber les bâtiments en ruine en les canonnant depuis les berges. L’idée sera finalement abandonnée pour une solution moins radicale mais elle prouve à elle seule l’état de la ville au début de cette année 1843.

Une fois le choc du cataclysme digéré, la ville, sous l’impulsion du gouverneur Gourbeyre, relance de vastes projets de reconstruction. Le séisme, loin de mettre un terme à l’expansion de la Pointe-à-Pitre, devient un catalyseur, poussant la ville vers la modernité. Les projets sont financés par un immense élan de solidarité national et international. La ville bénéficie, pour la première fois de l’histoire des Antilles, d’une véritable campagne de soutien humanitaire internationale. Les premiers secours, principalement humains et matériels, proviennent de la Caraïbe et plus particulièrement de la Martinique. Cette aide s’avère indispensable juste après les événements : elle permet de faire face à l’urgence et à la violence de la catastrophe. Mais au final, sur l’ensemble des secours, elle ne va représenter qu’une petite partie de l’immense solidarité que provoque le tremblement de terre.

   Rapidement la France se mobilise, principalement dans les villes ayant des liens importants avec la Guadeloupe. C’est principalement le cas de Bordeaux par exemple, fer de lance et coordinatrice de l’aide qui commence à s’y organiser. Dans un premier temps, la capitale girondine organise, comme la Martinique l’a fait avant elle, une aide matérielle. C’est ainsi que les premiers bateaux de secours portent en priorité des vivres, des vêtements et des matériaux de construction. Pendant ce temps dans tous les départements de France, les autorités mettent en place des systèmes de souscription publique. Ces fonds sont ensuite transférée dans les ports, principalement Bordeaux, pour être acheminés vers la Guadeloupe par le premier bateau en partance.

Dans le même temps, les autres espaces de la mer des Caraïbes (Venezuela, Trinidad, Etats-Unis, Surinam, Jamaïque…) organisent des convois acheminant vers la Guadeloupe des aides financières ou matérielles.

Malgré le grave traumatisme du séisme pour la ville, comme  pour la colonie de la Guadeloupe, se lance graçe à l’aide nationale et internationale, dans un vaste chantier de reconstruction vu comme une grande phase de modernisation tant architectural qu’économique. Ainsi la ville se tourne vers des reflexions de construction para-sismique et l’île modernise son économie en industrialisant la production sucrrière et en préparant le passage du travail servile au salariat ouvrier. Un nouveau monde s’ouvre alors…

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